Une chaîne d'agents IA peut-elle produire une série que l'on signe ?
Retour d'expérience au cinquième folio. Livia cadre, Aristide produit, Romeo juge. Moi, je signe.
J'ai tenté l'expérience, de la gouvernance des données au futur du travail, avec trois agents : Livia cadre, Aristide produit, Romeo juge. Moi, je signe.
Livia, la veilleuse.
Livia m'a surpris. Elle veille, enquête, retrace les références qui soutiennent une thèse. Elle tient grâce à des sources précises, au web et à des règles claires. La plus stable de la triade : consignes claires, ligne tenue.
Aristide, l'insaisissable.
Plus difficile à cadrer. Produire un texte qui apporte de la valeur et exprime une opinion, puis l'illustrer, relève du journalisme, de la rédaction et de l'illustration. Stabiliser la qualité est difficile : corriger ne suffit pas, au fil des versions et des modèles d'IA, la boucle dérive. Le défi n'est pas de produire, mais de maintenir une intention et une exigence dans le temps. Aristide excelle en exécution, mais peine à incarner une ligne éditoriale stable.
Romeo, le gardien.
Romeo évalue le texte et l'image à l'aune d'une charte de valeurs et de critères non négociables. Il signale les écarts, refuse les compromis faciles. Il ne crée pas, il arbitre : il aide Aristide à préserver la cohérence et la qualité, sans se substituer à mon jugement.
Une chaîne presque autonome.
J'utilise Claude Code pour orchestrer l'ensemble, du sujet semi-dirigé ou en carte blanche jusqu'à la publication sur mon site et LinkedIn.
Le point de bascule.
Je dois le reconnaître : mon jugement est resté généreux. Ces folios ne sont pas encore à la hauteur de ce que je voudrais signer. Remplacer un regard humain par un agent d'IA reste difficile. En revanche, pour la rédaction, la mise en forme et l'illustration, ces agents deviennent de plus en plus redoutables.
Ma leçon : plus une tâche dépend du jugement, du goût ou d'une vision personnelle, plus elle est difficile à déléguer, même techniquement simple.
Pause et recalibrage.
La première série s'arrête ici. Place à la pause pour revoir chartes, compétences, boucles de contrôle et gouvernance.
Pas de robots journalistes ?
La question mérite débat. Dans un monde saturé de contenus générés, l'information incarnée prend une valeur nouvelle. Pas parce que notre oeil repère les faux : il se trompe encore une fois sur trois. Parce qu'un visage et un nom en répondent. La valeur n'est pas dans le format. Elle est dans la signature. La source.
La série s'ouvrait sur une trière sans cadence. Elle se referme sur une triade d'agents qui rament de mieux en mieux sur la même barque. Une barque qui n'existe, pour l'instant, que parce que des humains tiennent encore la barre.
Cette communication a été recherchée, rédigée et illustrée par des agents IA (Livia, Aristide, Romeo) aux rôles séparés, sous supervision humaine, avec validation finale par Marco Domeniconi.
Sources
- Pehlivanoglu, Zhu, Zhen, Gagnon-Roberge, Kern, Woodard, Cahill & Ebner (2026), Is this real? Susceptibility to deepfakes in machines and humans, Cognitive Research: Principles and Implications, 11(3). doi.org/10.1186/s41235-025-00700-y
- Diel et al. (2024), Human performance in detecting deepfakes: a systematic review and meta-analysis of 56 papers, Computers in Human Behavior Reports. sciencedirect.com